Association DIAbète et Maladies
Métaboliques de l’Omois
25, quai Galbraith
02400 Château-Thierry
Tél. : 06 85 09 80 39
Nous écrire

Usagers

Qu’est-ce-que le diabète ?

Une maladie métabolique désigne une affection en rapport avec une perturbation du métabolisme, aboutissant à l’accumulation anormale d’une substance dans l’organisme.

Le métabolisme est l’ensemble des réactions biochimiques qui se produisent à l’intérieur d’un organisme vivant, aboutissant à :
-  La synthèse de certaines substances (anabolisme)
-  La dégradation de ces substances (catabolisme).

La plupart des maladies métaboliques sont d’origine génétique. Le diabète de type 2 associe une prédisposition génétique et un déclenchement en rapport avec le mode de vie.

Le diabète résulte d’un mauvais fonctionnement du système de régulation du taux de sucre dans le sang qui devient anormalement élevé.
La recherche du taux de glucose dans le sang s’appelle la glycémie, le taux normal se situe entre 0,80g/l et 1,10g/l.
Le diagnostic de diabète est certain après 2 mesures de la glycémie à jeun supérieures à 1,25 g/l.
La régulation de la glycémie se fait grâce à l’insuline, hormone secrétée par le pancréas (plus particulièrement par les îlots de Langerhans qui se situent dans la queue du pancréas)

Il existe 2 types principaux de diabète :

1. Le diabète de type 1 :
Le diabète de type 1 est une maladie dans laquelle le pancréas ne libère plus ou plus assez d’insuline, d’où un taux élevé de sucre dans le sang.
Il concerne souvent les sujets jeunes. Dans ce cas, le pancréas ne fonctionnant plus, il faut avoir recours aux injections d’insuline.

Que se passe-t-il lorsque l’on a un diabète de type I ?
Dans le diabète de type I, le système immunitaire (de défense et de protection de l’organisme) se dérègle. Il prend les cellules du pancréas qui produisent l’insuline (cellules Bêta) pour des corps étrangers et les détruit.
L’insuline n’est donc plus produite.
La raison pour laquelle le système de défense et de protection se trompe est inconnue ; on l’appelle maladie auto-immune.
Comme l’insuline n’est plus produite, le sucre ne peut pas entrer seul dans les organes et s’accumule dans le sang.
Le début de la maladie se traduit par une élévation brutale de la glycémie (hyperglycémie) accompagnée de symptômes tels que :
- fatigue
- soif intense
- besoin permanent d’uriner
- amaigrissement très rapide
pouvant aller jusqu’au coma (acidocétosique) et nécessite une hospitalisation en urgence.

2. Le diabète de type 2 :
Le diabète de type 2 est le plus fréquent parmi les personnes qui souffrent du diabète.
Il apparait généralement à partir de 40 ans, il touche souvent les personnes dont les parents ou grands-parents ont déjà du diabète et les personnes souffrant d’obésité.
Dans le diabète de type 2, l’insuline produite par le pancréas est insuffisante, ou quand elle est suffisante, c’est l’organisme qui est incapable de s’en servir pour assimiler le sucre.

Que se passe-t-il lorsque l’on a un diabète de type II ?
L’excès de sucre dans le sang s’explique par 2 mécanismes :
- 1) Baisse de l’insulinosécrétion :
L’insuline secrétée par le pancréas diminue petit à petit et devient insuffisante en quantité.
On constate surtout une élévation de la glycémie après les repas. La quantité de glucides (les différents sucres) du repas est ingérée et transformée en glucose puis passe dans le sang, mais la production d’insuline n’est pas suffisante pour faire diminuer la glycémie.
- 2) L’insulinorésistance :
Le glucose est habituellement utilisé comme carburant et/ou stocké par le foie et les muscles pour un usage ultérieur.
Dans le diabète de type 2, les organes (le foie, les muscles et le tissu adipeux) sont moins sensibles à l’insuline, qui habituellement permet le passage du glucose du sang vers les organes. Il en résulte une accumulation de glucose dans le sang.

Variations de la glycémie

UNE GLYCEMIE NORMALE EST COMPRISE ENTRE 0,80 ET 1,10 g / l.
La glycémie après le repas doit être comprise entre1,40 g/l et 1,80 g/l
VOTRE OBJECTIF GLYCÉMIQUE EST DÉFINI PAR VOTRE MÉDECIN.

 

Les traitements

Le diabète est une maladie chronique : une fois qu’il se déclenche, il persiste et ne guérit pas. Mais il peut être contrôlé, son évolution peut être limitée et ses complications peuvent être évitées en appliquant quelques principes qui en constituent le traitement :

L’équilibre alimentaire :

La manière de s’alimenter s’appuie sur le principe de l’équilibre alimentaire.
Équilibrer son alimentation consiste à avoir une répartition alimentaire agréable, harmonieuse, qui apporte à l’organisme les nutriments dont il a besoin :
→ Manger de tout, en qualité et quantité suffisantes.
→ Diminuer principalement les apports en graisses (trop riches en calories), mais aussi en sel, en alcool.
→ Adapter la qualité et la quantité de glucides (sucres, féculents) en fonction de l’activité quotidienne.

L’activité physique :

Une activité physique modérée et régulière est indispensable au maintien d’un bon équilibre glycémique. Elle est complémentaire de la diététique et des médicaments en renforçant leur action.
Votre activité physique doit être adaptée à votre corps et vos capacités (voir avec votre médecin) .
Les efforts modérés, répétés, prolongés (marche, vélo, natation…, mais aussi le ménage, le jardinage, le bricolage) sont à préférer aux exercices plus violents.
Une pratique régulière d’activité physique permet d’accéder à un bien-être physique, à un meilleur équilibre glycémique et elle facilite la perte de poids, en association une alimentation adaptée.

Le traitement

- Les médicaments
Ils servent à faire baisser le taux de sucre dans le sang (ou glycémie).
Il existe diverses sortes de médicaments différenciés par leur mode d’action :

- 1- Les médicaments qui agissent directement sur le pancréas en augmentant la fabrication et la sécrétion d’insuline, comme :

LES SULFAMIDES :
DAONIL, HEMIDAONIL, DIAMICRON, AMAREL, GLIBENESE, GLUCIDORAL ,
MINIDIAB, MIGLUCAN, GLUTRIL,…
Durée d’action :
Elle est variable selon le médicament utilisé, pouvant aller de 6 h à 12 h voire 24 h.
Quand faut-il les prendre ? :
Environ un quart d’heure avant les repas.
Remarques :
Ils peuvent provoquer des hypoglycémies s’ils sont pris sans accompagnement d’un repas et/ou après un effort physique inhabituel. (aller au marché, bêcher son jardin, nettoyer ses carreaux, laver sa voiture…). Pour prévenir et éviter ces effets indésirables, parlez-en avec votre médecin pur envisager si besoin une adaptation de l’alimentation ou des doses de ces médicaments.
Ces hypoglycémies peuvent être modérées et se corriger avec un "resucrage" en prenant un mélange de sucres rapides (sucre, jus fruit, pate de fruit) et de sucres lents (biscuit, pain, barre de céréales). Dans certains cas (absence ou méconnaissance des symptômes de l’hypoglycémie), il peuvent être graves et nécessiter une hospitalisation avec pose d’une perfusion de sérum glucosé.
Leur prise doit être interrompue avant certains examens radiographiques utilisant des produits de contrastes (ex : scanner, artériographie, urographie…).

Pour plus d’informations, parlez-en avec votre médecin.

LES GLINIDES :
NOVONORM, REPAGLINIDE 0,5 mg, 1 mg et 2 mg
Durée d’action :
Ils doivent pris également juste avant le repas (un quart d’heure avant). Leur action de stimulation de la fabrication d’insuline par le pancréas, est plus brève, elle dure de 2 à 4 h. Cela permet ainsi de limiter l’élévation de la glycémie après les repas.
Les glinides peuvent provoquer eux aussi des hypoglycémies, si le repas est pauvre en apports glucidiques.
Quand faut-il les prendre ? :
un quart d’heure avant les repas.

- 2- Les médicaments qui diminuent la résistance à l’insuline :
ils n’agissent pas sur le pancréas mais réduisent l’insulinorésistance en facilitant l’action de l’insuline au niveau du foie, des muscles et du tissus adipeux. Ils permettent une amélioration des glycémies après le repas (appelées : glycémies post prandiales).
Ils ont l’avantage de ne pas provoquer d’hypoglycémie.

LES BIGUANIDES :
GLUCOPHAGE 500-850 mg OU 1000 mg , METFORMINE 500-850 OU 1000 mg,
STAGID, GLUCINAN.
Remarque :
Avec ce type de médicament, il est important de contrôler ses glycémies 2 heures après le début du repas pour en mesurer l’efficacité.
Quand faut-il les prendre ?
En milieu ou en fin de repas afin d’éviter d’éventuels problèmes gastro-intestinaux (diarrhées, qui sont moins fréquentes ainsi. Lorsqu’elles existent, sachez qu’elles s’estompent en augmentant progressivement ce traitement).

- 3- Les médicaments qui agissent au niveau des intestins : ils retardent et/ou
empêchent la digestion des sucres et diminuent ainsi la glycémie après les repas (glycémie postprandiale).

LES INHIBITEURS DES ALPHAGLUCOSIDASES :
GLUCOR 50 et 100 mg, DIASTABOL …
Durée d’action :
Variable selon la digestion.
Quand faut-il les prendre ?
En début de repas dès la première bouchée.

- 4- Les médicaments qui associent des modes d’action différents expliqués ci-dessus :

GLUCOVANCE = GLUCOPHAGE + DAONIL
Le diabétique de type 2 peut devenir insulinonécessitant de manière
transitoire (lors d’une intervention chirurgicale ou d’une infection
déséquilibrant les glycémies) ou définitive (le pancréas ne peut plus
produire d’insuline même avec l’aide des médicaments).

LES INSULINES :
Elles sont conditionnées sous forme de stylos, cartouches, flacons.
Mode d’action :
L’insuline est une hormone qui a pour effet de faire baisser la glycémie en permettant le passage du glucose vers les cellules de nos organes (foie, muscles, cœur, cerveau, tissu adipeux…).
Quand faut il faire l’injection ? :
L’injection d’insuline doit toujours être suivi d’un repas, sauf pour les insulines d’action très lente.

Les insulines d’action rapide ou ultra rapide ont pour but de maîtriser les
glycémies après le repas et doivent être injectées avant le repas en fonction
de leur début d’action.
Les insulines intermédiaires ou lentes ont pour but d’apporter l’insuline nécessaire en dehors des repas.
Les insulines pré-mélangées ont pour but de couvrir les besoins en insuline dès après les repas et en dehors de ceux-ci.
Les analogues lentes reproduisent la sécrétion basale continue comme chez le sujet non diabétique. Elles peuvent être associées à un traitement anti-diabétique oral ou à des injections d’injection d’insuline rapide ou ultra rapide au moment des repas.

 

Auto surveillance et suivi médical

But de l’auto surveillance :

Elle permet d’éviter l’apparition de complications dues à un
déséquilibre de la glycémie.
Pour avoir un bon contrôle du diabète :
- Vous noterez vos résultats de glycémies capillaires, de
bandelettes urinaires et vos doses d’insuline ou votre traitement par comprimés
sur un carnet d’auto surveillance.
- Vous pouvez noter également dans votre carnet les événements particuliers
(repas de famille, activité inhabituelle, hypoglycémie…), vos habitudes de
vie (horaires de repas, nombre de repas /jour, rythme de travail…), les
changements de traitement, votre poids...

Les différents moyens de l’auto surveillance :

Elle s’effectue grâce :
- à votre lecteur de glycémie et peut vous renseigner à tout moment de
la journée. (Les appareils de glycémie sont remboursés à 100% par la sécurité
sociale et peuvent être changés tous les quatre ans).
- à une prise de sang régulière : glycémie à jeun, et glycémie postprandiale
faite une heure et demie à deux heures après le repas, à jeun et avant les repas la glycémie doit être comprise entre 0.80 et 1.20g/l et en post-prandiale (après un repas) la glycémie ne doit pas dépasser 1,40g/l.

Toutefois ces objectifs peuvent être modifiés par votre médecin en fonction de votre âge et de votre état de santé.
- au dosage de l’hémoglobine glyquée ou HbA1c qui doit vous être prescrite tous les trois mois par le médecin qui vous suit pour votre diabète (généraliste ou diabétologue).
L’hémoglobine glyquée (ou HbA1c) : C’est le marqueur biologique qui reflète la moyenne des glycémies des 2 à 3 derniers mois précédents la prise de sang.
Elle s’exprime en pourcentage et représente la quantité de globules rouges
ayant fixés le sucre lorsque la glycémie a dépassé 1,40g/l.
La norme est comprise entre 4 et 6 % chez les personnes indemnes de diabète ; pour les personnes ayant du diabète, les valeurs de 6,5 à 7 % sont souhaitées pour éviter les complications.

- Une surveillance urinaire par bandelettes :
Elle peut compléter votre surveillance en recherchant par exemple le sucre et l’acétone dans vos urines en cas d’hyperglycémie survenue au décours
d’événements particuliers.
Cette mesure est indispensable si la glycémie est supérieure à plusieurs reprises à 2,50 g/l (repas copieux, maladie, prises de certains médicaments pouvant influencer la glycémie…).

- Une surveillance de votre corps :
Elle est indispensable pour compléter cette auto surveillance. Vous devez être à l’écoute de votre corps :
- contrôlez votre poids
- veillez à l’état de votre dentition
- soyez attentif à la moindre douleur en marchant ou des douleurs dans la poitrine
- regardez vos pieds
- inquiétez-vous si vous urinez fréquemment et si les urines sont malodorantes, si vous avez soif, si vous maigrissez ou si vous êtes anormalement fatigué.

SI VOUS AVEZ LE MOINDRE DOUTE, CONSULTEZ VOTRE MÉDECIN.

Le suivi médical :

Le diabète impose un suivi médical régulier.
En effet, un diabète mal équilibré peut entraîner des complications cardiaques, vasculaires, rénales, oculaires, au niveau des nerfs, des pieds…

- Un bilan annuel :
Le bilan est indispensable, pour faire le point et détecter le moindre changement dans l’évolution de votre diabète .
Parlez-en à votre médecin traitant ou votre diabétologue.

- En quoi consiste ce bilan annuel recommandé ?

- Une consultation chez le cardiologue :
Le cardiologue recherche les complications cardio-vasculaires, contrôle les facteurs de risques associés tels que l’hyper-tension artérielle et les anomalies des lipides sanguins (hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie), au moyen de la prise de la tension et de la réalisation d’un électrocardiogramme (ECG).
Si une anomalie est révélée, ces examens peuvent être complétés par :
l’enregistrement de la pression artérielle sur 24h (holter tensionnel), l’électrocardiogramme d’effort, l’échographie cardiaque, l’examen des artères
du cœur (coronarographie)…

- Une consultation chez l’ophtalmologue :
L’ophtalmologue recherche une atteinte des vaisseaux de l’œil (rétinopathie diabétique) par un examen du fond d’oeil (FO).
Une angiographie sera pratiquée si une atteinte des vaisseaux est constatée.
Il vérifie aussi la tension de l’œil à la recherche d’un éventuel glaucome.

- Une visite de contrôle chez votre dentiste :
Le dentiste pratique : un examen buccal à la recherche de caries, un détartrage, etc.

- Votre médecin traitant doit pratiquer un examen complet de vos
jambes et de vos pieds à la recherche de problèmes artériels et / ou d’atteinte
des nerfs par la perte de sensibilité (neuropathie).C’est un examen simple et
non douloureux les gestes suivants sont exécutés :
— palper vos jambes pour percevoir le bon fonctionnement de vos
artères (les pouls)
— tester la sensibilité de vos pieds à l’aide d’un fil de plastique appelé
mono-filament.
— regarder l’ensemble de votre pied à la recherche d’éventuelle zone
de corne (hyperkératose), de zone d’appui et/ou blessure, ongle
incarné ou épais, de présence de champignons (mycose) entre les
orteils ou sur vos ongles.

- Si nécessaire, un examen de vos artères des membres inférieurs appelé
doppler sera pratiqué par un angiologue.

- Une analyse d’urine :
C’est un recueil des urines des 24 heures à la recherche d’une éventuelle
néphropathie diabétique par la présence de protéines dans les urines.
Cet examen est noté sur les résultats de laboratoire : protéinurie ou micro
albuminurie.

- Un bilan sanguin complet :
Inclus le bilan trimestriel +
Bilan lipidique : cholestérol (HDL, LDL), triglycérides
Fonction rénale : créatinémie, urée

- Un diabétologue peut venir renforcer le suivi médical dans le cadre d’une
collaboration du médecin traitant avec le spécialiste.

 

Les soins des pieds

1) INTRODUCTION

Le pied chez le patient diabétique nécessite une attention particulière.
- Les lésions du pied sont fréquentes et sont susceptibles d’évoluer vers des complications sévères pouvant aller jusqu’à l’amputation. Les troubles rencontrés sont vasculaires, sensitifs ou infectieux.
- Des solutions préventives existent pour éviter les complications.
- L’assurance maladie permet dans certaines conditions une prise en charge à 100 % des soins de podologie.
- Vous trouverez dans ce chapitre la description des différentes atteintes du pied et les moyens d’y remédier.

2) ANATOMIE DU PIED - DÉFORMATIONS - TROUBLES CUTANÉS

- Le pied est constitué de 28 os
✴ le calcanéum
✴ l’astragale
✴ 5 métatarsiens
✴ 3 cunéiformes
✴ scaphoïde
✴ cuboïde
✴ 14 phalanges
✴ 2 sésamoïdes

- Les déformations du pied
Différentes déformations osseuses peuvent apparaître sur les pieds. Elles peuvent s’avérer dangereuses en provoquant des durillons ou des blessures par frottement.

- En savoir plus :
1. Hallux valgus (appelé vulgairement l’oignon) : c’est une déformation congénitale ou arthrosique qui déforme le gros orteil en le déviant de son axe.
2. Quintus varus : c’est une déformation qui déforme le 5ème orteil en le déviant de son axe.
3. Griffe d’orteil (appelée vulgairement orteil en marteau) : c’est une déformation d’un orteil par une luxation de l’articulation.
4. Pied valgus : c’est une déformation du pied en pronation
5. Pied varus : c’est une déformation du pied en supination
6. Pied plat : pied aplati par la faiblesse de la voûte plantaire. L’angle entre le 1er métatarsien et le calcanéum est inférieur à 120°.
7. Pied creux : pied ayant une voûte plantaire accentuée. L’angle entre le 1er métatarsien et le calcanéum est inférieur à 120°.

-  Les troubles cutanés
Les troubles cutanés sont souvent la conséquence des déformations.

1. La kératose
La kératose est une masse cornée qui se trouve sur les zones d’hyper appui du pied. La kératose peut occasionner une sensation d’échauffement et former des crevasses.

2. Le durillon
Le durillon est une masse cornée homogène et superficielle qui se situe sur une zone d’hyper appui ou de frottement. Le durillon est indolore mais provoque une sensation d’échauffement.

3. Le cor
Le cor est une masse cornée inhomogène. Il est constitué d’une tête en forme de cône. Le cor est douloureux et évolutif.

4. L’œil de perdrix
L’œil de perdrix est un cor situé entre deux orteils. Il a un aspect blanchâtre et est douloureux et évolutif.

5. La verrue
La verrue est un virus. Elle est inhomogène, cornée et douloureuse.

6. L’ongle incarné
L’ongle incarné est un ongle qui pénètre dans le sillon latéral de l’ongle. Il est évolutif, inflammatoire, infectieux et bourgeonnant.

7. Les mycoses interdigitales
Les mycoses interdigitales sont des infections cutanées provoquées par des champignons et qui se situent entre les orteils. Elles ont un aspect blanchâtre, des fissures se forment. Des démangeaisons sont souvent associées.

8. Les mycoses unguéales
Les mycoses unguéales sont localisées dans les ongles. Différents aspects sont constatés en fonction du type de champignon :
- ongle blanchâtre
- ongle strié
- ongle épaissi
- ongle friable
- ongle jaunâtre

9. Le mal perforant plantaire
Le mal perforant plantaire est une ulcération ou plaie du pied. Il est évolutif. Il est occasionné sur une zone de frottement ou d’hyper appui. Le mal perforant est souvent caché sous une zone kératosique, une poche d’infection s’y trouve, puis ulcération.

3) LES COMPLICATIONS

- Les troubles artériels
Ce sont des troubles vasculaires appelés aussi artériopathie ou artérite. Le pied est mal irrigué par le sang, ce qui entraîne des difficultés de cicatrisation lorsque des plaies sont existantes.
Dans les cas plus sévères, ils peuvent entraîner des nécroses distales.
- Les troubles sensitifs
C’est une neuropathie (atteinte des nerfs) qui touche surtout les membres inférieurs. Cela se traduit par une diminution voire une perte de la sensibilité cutanée (disparition de la sensation de douleur) et de la sensibilité au chaud et froid.
- Les troubles infectieux
L’élévation du taux de sucre dans le sang favorise le développement des micro organismes (bactéries, mycoses).
L’infection des plaies est fréquente, notamment au niveau des pieds car elle passe inaperçue en raison de la perte de sensibilité. Elle impose des soins de désinfection rigoureux et prolongés de toutes les plaies, même minimes.
Le risque de ces infections est soit une évolution sournoise avec atteinte des os proches (ostéite), soit une infection très rapide, flambante, avec risque de nécrose et de gangrène.

4) COMMENT EVITER LES COMPLICATIONS ?

1. L’hygiène du pied diabétique
Le pied du patient diabétique doit être lavé chaque jour avec de l’eau et du savon, puis bien rincé et séché entre les orteils. Les ongles doivent être coupés au carré avec une pince à bout rond ou une lime à ongle pour éviter les blessures.

Une autosurveillance est nécessaire pour veiller à ce qu’aucune plaie ne soit présente, surtout entre les orteils.

Les chaussettes sont changées chaque jour.

Les chaussures doivent être en cuir, sans coutures intérieures ; elles doivent être secouées avant de les enfiler.

http://youtu.be/Qx65N7ZF7D4

2. Les interdictions
- marcher pieds nus (à la maison, sur la plage, dans la neige,..)
- mettre des chaussures sans chaussettes
- utiliser les bains de pied javellisés
- utiliser des coricides
- utiliser des lames pour extraire la callosité
- utiliser des outils de bricolage tels que râpe ou papier émeri pour se soigner les pieds
- mettre son pied sous la paume de douche pour vérifier la température
- chauffer ses pieds près d’une cheminée
- mettre une bouillotte dans son lit

5) TRAITEMENT ET PRISE EN CHARGE

La prise en charge
L’assurance maladie permet dans certaines conditions une prise en charge à 100 % des soins de podologie :
- 1- Patients ayant un risque élevé de complications : en cas de grade 2, 4 séances par an, en cas de grade 3, 6 séances par an.
- 2- Une prescription médicale est nécessaire sur une ordonnance bizone (100%) où le médecin aura noté qu’il s’agit de soins podologiques en rapport avec le diabète et en précisant la gradation du patient.
- 3- Le podologue doit être agréé par la CPAM.

Le dépistage des lésions du pied diabétique repose sur la gradation mesurée par le médecin ou le podologue avec un petit instrument en plastique appelé monofilament.

Résultats :
- Grade 0 : pas de neuropathie sensitive ni d’artériopathie. Déformations possibles.
- Grade 1 : neuropathie sensitive sans artériopathie ni déformation.
- Grade 2 : neuropathie sensitive associée à une artériopathie et/ou à une déformation.
- Grade 3 : antécédent d’ulcération ou d’amputation.

Les soins :
- Pour les patients grades 0 et 1, une consultation annuelle chez le podologue est conseillée. Le podologue vérifiera la gradation, il fera l’exérèse des callosités, des cors et durillons et surveillera qu’aucune plaie n’apparaît. Dès l’apparition de callosités, d’infection ou de tout autre problème, le patient doit consulter.
- Les grades 2 et 3 nécessitent des soins podologiques pris en charge, soit : 4 séances par an en cas de grade 2, 6 séances par an en cas de grade 3.

Les plaies :
La moindre plaie nécessite une consultation médicale et éventuellement, une prise en charge par une infirmière.
Lorsque les plaies se compliquent, il sera nécessaire d’avoir une décharge, c’est-à-dire :
- Des semelles orthopédiques pour les zones plantaires
- Des orthèses pour des plaies des orteils et des zones interdigitales
- parfois une chaussure de décharge, telle que « Barouk » ou « Maysaud » ou « Santal ».

Lorsque les plaies sont très évolutives, l’hospitalisation sera nécessaire pour éviter l’amputation.

Le patient diabétique n’oubliera pas son rappel de vaccin antitétanique.

 

Diététique

Notions de base sur l’alimentation équilibrée

Quelques informations diététiques de base sont bien utiles pour comprendre la part de la diététique dans le traitement du diabète, parallèlement à l’activité physique et au traitement médicamenteux.

1- La question de la diététique repose sur l’équilibre alimentaire. Pour les personnes diabétiques en surpoids, l’équilibre alimentaire devra être abordé et expliqué sous différents angles : nombre de repas quotidiens, composition des repas, composition des plats, répartition des glucides/lipides/protides, glucides lents et glucides rapides. Des modifications des habitudes alimentaires sont souvent nécessaires dans ce cadre. L’aide et l’accompagnement par une diététicienne sont très utiles et très efficaces équilibrer son alimentation.

2- Le sucre, les féculents, les glucides : ils ne sont pas interdits et doivent représenter 55% de la ration calorique quotidienne. Ils doivent être présents à chaque repas, ce qui permet d’éviter les fringales et le grignotage entre les repas.

3- Les aliments gras, les lipides : Ils sont souvent en cause dans le problème du surpoids car ils sont habituellement présents en excès dans l’alimentation. Ils doivent être diminués et limités à 35% de la ration calorique quotidienne.

4- Les protéines animales ou végétales, les protides : ils sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme et doivent représenter 9 à 12% de la ration calorique quotidienne.

Voici un lien très utile vers "les guides alimentaires pour tous" disponibles sur le site du PNNS (plan national nutrition santé) mangerbouger.fr :
http://www.mangerbouger.fr/menu-secondaire/boite-a-outils/les-guides-nutrition.html

Quelques repères sur la ration alimentaire quotidienne

La ration alimentaire est la quantité et la nature d’aliments qu’une personne doit consommer en un jour afin de subvenir aux besoins de son corps.

Unité de mesure
Pour mesurer la valeur énergétique d’un aliment, on utilise généralement la calorie (cal) ou le joule (J). 1 kcal équivaut à 4,1866 kJ. 1 Cal = 1 kcal = 1 000 cal.

La ration alimentaire varie en fonction de l’âge, de l’activité physique, de la taille…
Elle est :
- pour un enfant : environ 1 600 kcal
- pour un adolescent/une adolescente : 2 900 kcal/ 2 400 kcal
- pour un homme (avec un poids moyen de 70 kg et une activité physique modérée) : 2 800 kcal
- pour une femme (avec un poids moyen de 55 kg et une activité physique modérée) : 2 200 kcal
- pour une femme enceinte : de 2 200 kcal (+ 150 au premier trimestre et +250 au deuxième et troisième trimestre).
- pour une personne avec une activité physique intense : de 300 à 700 kcal de plus que la ration normale.
- pour une personne âgée : 1800 kcal pour les femmes et 2000 kcal pour les hommes

Selon J.-P. Charvet, la ration alimentaire moyenne nécessaire est de 2 500 kcal/personne/jour.
La moyenne de la ration alimentaire mondiale est en 2002 de 2 800 kcal, mais ces chiffres cachent de grandes disparités. Les pays d’Europe et d’Amérique du Nord peuvent avoir une moyenne à plus de 3 200 kcal/jour/personne, contre moins de 2 200 kcal en Afrique subsaharienne (et même à moins de 1 900 kcal au Burundi, en Éthiopie, Somalie…).

Répartition des apports énergétiques au cours des repas de la journée.
Les apports énergétiques sont répartis différemment durant la journée, car le public n’est pas le même.
- Homme et femme : Petit déjeuner 25 %, Déjeuner 40%, Diner 35%
- Enfant, adolescent, femme enceinte, femme allaitante, personne âgée : Petit déjeuner 25%, Déjeuner 35%, Gouter 10%, Diner 30%

Répartition des différents nutriments
Les nutritionnistes recommandent la répartition dite « 421 GPL ». En faisant correspondre l’ordre des lettres avec les chiffres, on lit « 4G », « 2P » et « 1L ».

Cela correspond aux nombres de parts qu’il est conseillé de consommer : 4 portions de glucide pour 2 portions de protéine pour 1 portion de lipide.
Plus précisément, la journée se décompose,
-  pour la part glucidique, d’1 portion de crudité (fruits, légumes crus), 1 portion de légumes cuits, 1 portion d’amylacés (céréales, pain, pâtes, riz…), en évitant les portions de produits au sucre raffiné (pâtisseries, chocolat, confiture…).
-  Pour la part protéique, d’une portion de produit lactés (yaourt, fromage), 1 portion de produits non lactés (viande, poisson, œufs…).
-  Et enfin pour la part lipidique éviter les portions de graisses d’origine animale (beurre, crème..), et privilégier les portions de graisses d’origine végétale (huile, margarine).

Ainsi la ration alimentaire moyenne quotidienne conseillée doit être constituée (par rapport à l’apport énergétique et en fonction des calories apportées par les différents nutriments) d’environ
-  45-40 % de glucides,
-  25-30 % de protéines (soit 1.2 à 1.5 g/kg/j)
-  et 30 % de lipides.
Source : Wikipédia : ration alimentaire

 

Activité physique

La pratique régulière d’une activité physique a des effets positifs immenses sur la santé. Concernant le diabète de type 2 ellle fait partie du traitement, en complément des médicaments et de la diététique.

QUELLES ACTIVITÉS ?

- des activités d’endurance : marche, natation, vélo, ski de fond, golf, danse, ..
- des activités de résistance : gymnastique, step, musculation, tennis, randonnées avec dénivelé, pétanque, jardinage, port de charges, ..
- des activités d’assouplissement : gymnastique, étirements, Taï-Chi, travaux extérieurs, yoga, jardinage, ...

POURQUOI ?

L’activité physique régulière diminue la masse graisseuse au profit de la masse musculaire, améliore la pression artérielle, améliore les problèmes de lipides sanguins.
Les exercices d’endurance et de résistance diminuent tous deux la résistance à l’insuline.
- les exercices d’endurance diminuent la graisse corporelle (abdominale en particulier).
- les exercices de résistance améliorent la masse et la force musculaires et donc consomment plus de glucides.
- les exercices d’assouplissement augmentent l’amplitude de vos mouvements autour des articulations et aident à détendre vos muscles. Ces exercices consistent en des étirements, des flexions et des extensions en douceur. Progressivement, ils facilitent les mouvements et contribuent ainsi à améliorer l’équilibre et la posture.

COMMENT ?

- La reprise de l’activité physique doit toujours se faire progressivement.
- L’activité doit être adaptée à votre condition physique, aux éventuels problèmes de santé associés (arthrose, troubles de l’équilibre, maladies cardiovasculaires, ...), à votre force musculaire et ... au temps dont vous disposez !
- 30 min. par jour, 5 à 7 jours par semaine en endurance et 1 à 2 fois par semaine en résistance.

QUELLES PRÉCAUTIONS ?

- Une consultation chez votre médecin est nécessaire avant de débuter un programme d’activité physique afin d’écarter tout risque cardio-vasculaire et pratiquer son activité en toute sécurité. Si besoin, il vous prescrira une consultation de cardiologie avec électrocardiogramme d’effort pour vérifier votre aptitude cardiaque à l’effort.
- Éviter les sports violents qui peuvent entraîner des chocs et risquer d’endommager la rétine (boxe, parachutisme, alpinisme, ...).
- Choisir un chaussage adapté et avoir une bonne hygiène des pieds : « bon pied bon œil !! »
- Adapter l’alimentation : apports de glucides "lents" avant la pratique et bonne hydratation (½ litre d’eau par heure).
- Prévoir l’hypoglycémie :
→ l’effort faisant baisser la glycémie, diminuer les traitements susceptibles de provoquer des hypoglycémies (insuline, sulfamides, glinides).
→ lecteur de glycémie (contrôles avant, pendant et après l’effort) et sucres "rapides" à portée de main.
→ éviter les sports en solitaire en cas de traitements susceptibles de provoquer des hypoglycémies (insuline, sulfamides, glinides).
- Échauffement et démarrage progressif.
- Ne jamais partir seul ou signaler son déplacement. Téléphone portable en cas d’éloignement (N° d’appel européen : 112)

LES 10 COMMANDEMENTS

1. Avant de débuter, à ton médecin tu parleras
2. Les examens, si besoin, tu feras
3. Tes forces ne surestimeras
4. Le sport que tu aimes tu choisiras
5. Boire et t’alimenter tu n’oublieras
6. Ton alimentation tu modifieras
7. Tes glycémies régulièrement vérifieras
8. Tes doses d’insuline tu adapteras
9. Avec quelqu’un tu partageras
10. Du plaisir tu prendras

Activité physique : Mode d’emploi

La pratique régulière d’une activité physique a des effets positifs immenses sur la santé. Voici quelques explications et recommandations.

Les bienfaits de l’activité physique régulière sont : Les risques liés à l’inactivité sont :
Une meilleure santé Un risque de décès prématuré
Une meilleure condition physique Maladies du cœur
Une amélioration de la posture et de l’équilibre L’obésité
Une meilleure estime de soi Une hypertension artérielle
Un contrôle de son poids Un diabète de maturité
Un renforcement de ses muscles et de ses os L’ostéoporose
Un regain d’énergie Les accidents vasculaires cérébraux (AVC)
Une détente et un contrôle de son stress La dépression
Une plus grande autonomie au 3e âge Le cancer du colon

3 groupes d’activités physiques :
1. Les activités d’endurance :
- Elles sont bonnes pour votre cœur, pour vos poumons, pour faire baisser le diabète et pour avoir bon moral !
- Exemples : la marche, le golf, les travaux de jardinage, le vélo, la natation, le tennis, la danse.

2. Les activités d’assouplissement :
Elles augmentent l’amplitude de vos mouvements autour des articulations et aident à détendre vos muscles.
Ces exercices consistent en des étirements, des flexions et des extensions en douceur.
Exemples : le jardinage, laver le plancher, les travaux extérieurs, passer l’aspirateur, les étirements, le Taï-Chi, le yoga

3. Les activités de développement de la force :
Elles font travailler vos muscles et améliorent votre force et votre posture.
Ces exercices consistent à appliquer une force contre une résistance.
Exemples : les lourds travaux d’extérieurs comme scier et empiler du bois, le ramassage et le transport de feuilles mortes, le transport de sacs d’épicerie, les déplacements avec de jeunes enfants dans les bras, monter les escaliers, les redressements assis, la musculation à l’aide d’appareils ou de poids

Comment s’y prendre ?
La durée recommandée varie selon l’effort :

Intensité Durée par jour Exemples d’activités physiques
Légère 60 minutes Marcher d’un pas modérer
Effectuer de légers travaux de jardinage
Faire des exercices d’étirement
Moyenne 30 à 60 minutes Marcher d’un bon pas
Faire du vélo
Ramasser des feuilles
Nager
Aquagym
Danser
Élevée 20 à 30 minutes Fitness
Faire du jogging
Nager ou danser à un rythme continu

- combinez diverses activités à raison d’au moins 10 minutes par séance.
Commencez lentement et augmentez peu à peu le rythme.
- L’objectif étant de faire au moins 30 minutes d’activité physique par jour.
Chaque activité compte, quelle qu’en soit son intensité.

QUELQUES RECOMMANDATIONS
-  Marchez, marchez, marchez, chaque fois que vous en avez l’occasion !
-  Descendez de l’autobus un peu plus tôt
-  Utilisez l’escalier plutôt que l’ascenseur
-  Évitez de demeurer inactif pendant de longues périodes, comme lorsqu’on regarde la télé ou l’ordi
-  Levez-vous de votre siège, étirez-vous, faites des exercices d’assouplissement pendant quelques minutes toutes les heures
-  Activez-vous en jouant avec les enfants, accompagnez les à l’école, au parc ou à la piscine !
-  Pour les courtes distances, choisissez la marche ou la bicyclette,
-  Commencez par une promenade à pied d’une dizaine de minutes, puis augmentez-en la durée progressivement
-  Renseignez-vous sur les pistes cyclables et les sentiers de randonnée pédestre les plus proches et utilisez-les
-  Observez le déroulement d’un cours d’activité physique de PICARDIE EN FORME pour voir si vous aimeriez y participer
-  Commencez par un cours, il n’est pas nécessaire de s’engager à long terme
-  Pratiquez plus souvent les activités physiques que vous faites déjà

Vous trouverez encore plus de détails ainsi que les guides d’activité physique de nos amis canadiens, experts en la matière en cliquant ici.